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Angela Merkel est-elle la femme la plus puissante sur terre?
Pour célébrer l’arrivée d’ExecutiveSurf en Allemagne, nous vous offrons quelques rappels sur la première économie Européenne, et son pays le plus peuplé.

par Nigel Phillips

Si vous demandiez dans la rue qui est la femme la plus puissante sur terre, un nom qui viendrait à beaucoup serait Michelle Obama. Mais son rôle est purement symbolique, et tout ce qu’elle fait ou dit rejaillit sur le président. Ce qu’on lui demande principalement est de rester belle, d’élever ses enfants et de continuer à cultiver son potager bio.

Angela Merkel, par contre, dispose vraiment du pouvoir. Quand elle dit quelque chose, on l’écoute. Du moins autant que tous les leaders mondiaux.

Cela fait quatre ans qu’elle est chancelière et l’Allemagne est la quatrième économie mondiale et le plus grand exportateur de biens au monde. Et même si on ne la remarque pas tant que ça, ses décisions ont un impact dans le monde entier. En 2008, le journal économique the Economist écrivait justement que ce serait une bonne chose si elle rehaussait son profil.

Si on la compare à Nicolas Sarkozy ou Gordon Brown, elle reçoit peu d’attention de la part de la presse étrangère. Elle semble satisfaite d’opérer en coulisse, et elle a une réputation de femme qui fait la différence sur la scène politique mondiale, même si elle ne fait pas la une des journaux.

Son parti, le CDU (Union démocrate-chrétienne) est actuellement en coalition avec le SDP (Parti social-démocrate), et les récentes élections l’ont vue briguer sa réélection contre son ministre des affaires étrangères, Walter Steinmeier. On s’attendait à ce qu’elle gagne, mais il lui a quand même fallu reformer une coalition, cette fois avec les libéraux du FDP (Parti libéral-démocrate).
Elle a un rôle important, mais ses critiques l’ont accusée d’avoir pris trop longtemps à réagir avec un plan de stimulus fiscal lors de la crise économique.

Peut-être que sa jeunesse y a été pour quelque chose. Alors que la plupart des députés européens ont décrié l’attitude laxiste, Merkel, qui a grandi dans la RDA communiste, semble questionner une implication accrue de l’état dans l’économie. Et The Economist, semble être d’accord, disant que bien qu’il s’agisse d’un problème mondial, l’Allemagne en particulier a beaucoup à gagner en encourageant la concurrence et la libéralisation, si elle veut sortir du marasme et continuer à se développer.

Merkel fut la première femme à occuper la chancellerie en 2005, et reste populaire auprès de l’électorat. Elle a une réputation de femme impitoyable, mais elle est une femme, et il n’en faut pas moins pour progresser dans un pays où les femmes peinent à atteindre les plus hauts échelons, en politique ou dans le monde des affaires.
Pour la quatrième année de suite, le magazine Forbes l’a nommée femme la plus puissante au monde. Hillary Clinton doit commencer à s’impatienter, et Merkel, comme Oprah Winfrey, a eu une poupée Barbie qui a pris son nom.

Elle ne s’habille pas comme une fashion victim et semble insister pour que ses collègues (masculins) la respectent. À part le célèbre incident au G20 où Berlusconi la fit attendre pendant qu’il était au téléphone, elle a aussi remis George W. Bush à sa place lorsqu’il lui tapa dans le dos au G8, en lui demandant de ne plus la toucher.
Récemment, elle a été impliquée dans un mini scandale de presse où l’Allemagne s’est aperçu de sa féminité après une sortie dans une robe décolletée.

Néanmoins, elle continue à utiliser moins de laque à cheveux que Berlusconi, et on la compare souvent à Margaret Thatcher, dû à leur aspect un peu austère, et leurs origines relativement modestes.

En tant que protégée de Helmut Kohl, le monde fût surpris lorsqu’elle signa une pétition en première page du FAZ demandant sa démission pour malversations financières. Elle reste une des personnes politiques les plus respectées outre-Rhin et sa popularité dépasse celle de son parti. On ne la remarque pas sur un podium à côté d’Obama, mais c’est une des rares personnes qui peut l’appeler à toute heure du jour ou de la nuit. Qu’elle soit tacticienne ou grande stratège, elle est une des chefs d’état les plus puissantes d’Europe, et le fait qu’elle soit une femme la rend d’autant plus symbolique.

La liste des femmes les plus puissantes au monde, par le magazine Forbes:
1: Angela Merkel, chancelière. Allemagne.
2: Sheila Bair, présidente, Federal Deposit Insurance Corp. ÉU.
3: Indra Nooyi, présidente, PepsiCo. ÉU
4: Cynthia Carroll, présidente, Anglo American. RU.
5: Ho Ching, présidente, Temasek Holdings. Singapour.
6: Irene Rosenfeld, présidente, Kraft Foods. ÉU.
7: Ellen Kullman, présidente, DuPont. ÉU.
8: Angela Braly, présidente, WellPoint. ÉU.
9: Anne Lauvergeon, présidente, Areva. France.
10: Lynn Elsenhans, présidente, Sunoco. ÉU.
Les autres personnes célèbres de la liste :
Hillary Clinton (36), Michelle Obama (40) et Elizabeth II (42).

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